Foin de vos écrans, de votre bruit, de votre agitation. Moi le soir, j'aime par dessus tout le calme des pages qui se tournent, l'une après l'autre.

Dimanche soir, j'avais la migraine. Dimanche soir, j'avais besoin de retrouver mon rituel avant de reprendre le rythme fou de la femme occidentale moderne.

Dimanche soir, après avoir avalé mes Triptan (!), je suis allée me débarbouiller avec mon huile maison à la verveine et au noyau d'abricot, j'ai mis un petit lait à la rose (maison aussi) qui sent bon sur mon corps, une crème de nuit aux cranberries (maison encore, n'est-ce-pas, FD ?) et je me suis installée confortablement, face au soleil couchant, avec mon livre, dans la fraîcheur du soir qui tombait, avec juste le bruit du vent dans les arbres et des oiseaux qui pépiaient doucement dans le lierre des voisins.

J'étais bien, la nuit s'installait, peu à peu, les oiseaux se taisaient et le marteau, dans ma tête, mettait une sourdine. Les pages du livre tournaient avec douceur. Un bon vieux livre lu et relu, qui parle du bonheur de la vie et de ses petits riens, pas le jour pour réfléchir, pas le jour pour les thrillers ou les documentaires.

Le marteau s'assourdissait de plus en plus. La nuit était tombée. J'étais bien dans la fraicheur. J'ai fait comme les oiseaux, je me suis endormie.

Le lendemain matin, vers 5H30, ce sont eux qui m'ont réveillée doucement. J'ai tourné la tête dans tous les sens, fait quelques mouvements d'étirement.

Le marteau était envolé. Seuls les migraineux connaissent cette sensation de légereté extrême du mal enfin parti, après plusieurs jours de souffrance.

La semaine commençait, dans le bonheur, simplement pour une absence de souffrance, pour les oiseaux qui gazouillaient, pour la bonne odeur des plantes qui avait résisté à la nuit.

PS Ce post m'a été inspiré par celui-ci, de Clothilde, que j'ai beaucoup aimé.