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La voilà qui vient de s'écouler, la semaine de danse de la Greluche qui rythme mon calendrier perpétuel depuis 9 ans.

Au fil des années, l'expectative de la découverte a cédé à l'amusement puis peu à peu à la lassitude.

Depuis deux ans, j'en viens tout doucement à l'exaspération, que je tais de mon mieux tant ma fille, qui danse donc depuis 9 ans, est toujours aussi passionnée par la danse classique que je lui avais fait découvrir parce que je sentais qu'elle correspondrait à sa nature.

Bon, j'avais bien vu sur ce coup.

Peut-être même avais-je trop bien vu.

Depuis deux ans , en effet, le spectacle a émigré à 25 km pour cause de salle en travaux puis fermée aux associations (Qui remplissaient pourtant la salle...). Et la semaine - chargée - de répétitions s'est donc alourdie de trajets divers et variés, qui même en s'organisant, restent une contrainte.

Le spectacle se déroule donc depuis quelques années au beau milieu des vacances de Pâques. Nous empêchant de partir, nous bouffant le week-end, et gâchant notoirement le "pont" du 1er mai cette année. Le tout assaisonné de crispations familiales que je n'évoquerai pas ici, mais qui alourdissent l'ambiance, tant l'impolitesse y dispute à la désinvolture. A noter d'ailleurs que ma Greluche n'est peut-être pas la danseuse du siècle, mais sa droiture, sa gentillesse et son honnêteté en font sans conteste une très très belle personne.

Je viens de relire avec un peu d'émotion mes notes sur ses premiers spectacles. Ma jeune Donzelle malhabile ne savait déjà pas trop quoi faire de ses grands bras et de ses grandes jambes. Notons qu'à presque 15 ans, son mètre 75 extrêmement longiligne lui cause toujours quelques soucis.

Elle qui rêvait devant les "grandes" , leurs tutus et leurs pointes, a dansé cette année le Lac des Cygnes. Elle qui était si impatiente d'avoir 8 ans pour commencer le modern jazz s'est livrée à une prestation déchaînée sur "All that jazz". Elle qui me semblait soudain devenu si grande a rêvé d'être un peu plus vieille, convoitant les rôles de 1er rang dévolus aux danseuses de17/20 ans qui les obligent, elles, les grandes petites filles de 13 à 16 ans, à jouer "les potiches" dans des costumes de cosaques ou de sportives qui n'ont pas eu l'heur de leur plaire.

La joie, le bonheur de ma fille m'ont bien aidée à faire le deuil de ma semaine de vacances gâchée, même si une petite voix égoïste en moi souhaite parfois qu'elle arrête. Cette petite voix qui me parle aussi parfois, l'hiver, quand je dois la conduire et la récupérer à ses 3 répétitions tardives par semaine.

Mais quand je la vois, rayonnante, avec sa cheville douloureuse, son dos cassé, ses orteils en sang et son allergie au maquillage, j'en oublie presque les 2 jours passés à coudre des plumes de cygne, les heures sur la route, le bazar total de la maison. Le Jeunôme, que j'ai un peu laissé tomber, soyons honnête, se félicite, lui, d'être resté tranquillement à la maison, se remettant doucettement de la chute qui a ébranlé son coccyx il y a 15 jours.

En me relisant, je m'aperçois donc que ce billet, que je voulais amusant, est devenu un billet un peu triste certes, mais qui parle d'amour.

L'amour que je porte à ma fille, assurément.

L'amour de la vie manifesté par la Greluche, qui croque l'avenir avec un enthousiasme cannibale.

L'amour que je porte aussi à mon fils, qui me pousse à vous dire qu'une prochaine fois, j'interviewe Barbe-Bleue qui vous parlera des compétitions de judo du Jeunôme. (Ben euh, on y est allé, il a combattu, on est revenu. Ah, il a un peu mal à l'épaule/au bras/au dos/à la fesse. Ah ben il est tout bleu, en fait.).

... et ce soulagement immense d'avoir fini.

Pour un an.

Le compte à rebours a déjà commencé.