this is a coup

Je crois que c'est la première fois que je fais un billet politique depuis 9 ans que ce blog existe. Alors que je suis énormément la politique, justement.

Cette fois-ci, l'écoeurement est à son comble. la Grèce est à genoux. je ne vais pas revenir sur l'argumentaion financière ou technique, l'information ne manque pas sur le net. Mais sur l'idée de l'Europe, sur l'Allemagne, sur la Grèce éternelle.

Quand j'étais étudiante en droit à Lille II, l'une des matières les plus importantes de mon cursus portait sur l'Europe et les institutions européènnes (Joies discrètes des spécialisations en Droit Public...) Durant toute l'année, j'ai étudié comment était née et avait été mise en oeuvre l'Union Européenne.

A cette époque, je suis devenue une europhile convaincue. J'ai voté oui à Maastricht, j'ai voté oui à la Constitution Européenne, persuadéee de la grandeur de l'idée d'Europe.

Et puis, ces dernières années, un effritement, une prise de conscience.

Et puis la Grèce. Le pays dont j'avais révé depuis mes 10 ans, au point d'essayer d'apprendre le grec moderne toute seule; Le berceau de la démocratie; Le pays du travail au noir et des arrangements en tout genre aussi, disons-le, il ne s'agit de pas de sanctifier la corruption.

La Grèce ravalée à l'esclavage, qui plus est par les Allemands, avec notre complicité d'après ce que j'en lis.

Alors quoi ? Défendre la Grèce #ThisIsACoup bien sûr, mais après ?

Après, ça sera le tour de qui ? Chypre, l'Espagne, l'Italie, la France. car notre tour viendra.

L'Europe, cette si belle idée, est devenue un monstre, un ogre qui dévore tout sur son passage. Ce sont les financiers qui gouvernent le monde... Comment fait-on pour se retirer de ce monde-là ?

Il nous reste de petits actes de résistance à la toute-puissance : Freiner la consommation, cultiver son jardin. Sans aller jusqu'à apprendre comment survivre en milieu hostile, je me dis de plus en plus qu'il faut réapprendre, et surtout réapprendre à nos enfants comment vivre plus simplement, comment planter un pied de pomme de terre ou semer des carottes. Comment apprendre à faire du troc aussi. Le Jeunôme me demandait ce week-end qui avait créé l'argent et mon explication a commencé par les limites du troc originel.

Mais il est temps de revenir a plus de simplicité. Je me rends compte que ces derniers mois, je suis de moins en moins dans la possession et l'achat, et, au lieu de céder impulsivement à une dépense "coup de coeur", la notion du besoin et de la pérennité se dessine.

A cet égard, mon entreprise de rangement et d'allègement de la maison me fait voir toutes les semaines ou presque à quel point on (je) s'aliène pour rien, pour un objet ou quelque chose dont l'acquisition nous rend heureux un instant, juste avant que l'objet ne s'endorme pour 6 mois, 1 an, 5 ans dans les tiroirs ou les placards. Jusqu'au jour où on le ressortira étonné, en se souvenant à peine de cet achat et en le regrettant, avant de le donner à Emmaüs ou au Relais.

Ce week-end, nous avons aussi fêté la réussite de la Greluche à son premier examen dans un beau restaurant. Nous avons mangé tous les 4 dans un lieu charmant, sous la tonnelle, en discutant. La Greluche nous a exprimé son contentement, et a constaté qu'elle se souvenait plus des cadeaux et des moments immatériels, comme celui-là, que du fait d'avoir encore un objet supplémentaire qui viendrait encombrer sa chambre (qui n'en pas franchement besoin).

J'en tire peu à peu une certaine idée des choses. Pinterest comble de plus en plus ma tendance à l'accumulation. Les productions artistiques, sauf quelques livres fondateurs, n'ont pas besoin d'être possédées, à partir du moment où elles sont disponibles facilement. Et les choses qui servent une fois tous les 2 ans peuvent être avantageusement données, et empruntées ou louées LA fois où on en aura besoin.

Bref, au matériel, opposons l'immatériel ou le spirituel, résistons doucement.

Je me demande si je ne suis pas en train de virer anar réac, moi, quand même...